Intervention au Conseil municipal du 4 septembre 2009
Ce soir je ne suis le représentant d’aucun parti politique.
Je suis ici comme un simple Vençois qui ne comprend pas ce qui arrive à sa ville dans laquelle se déroule un drame qui ne le concerne pas mais où il est acteur contre son gré.
Ce n’est pas d’une petite querelle politicienne dont il s’agit, de petite guéguerre entre partis politiques.
Du moins, ça ne le devrait pas.
Pour moi, c’est bien plus profond et plus important que cela : ça parle du sens de l’engagement politique, de la réponse à la question : « Pourquoi faisons-nous de la politique ? »
Ce soir, modestement, je porte la voix de 33% de Vençois qui voulaient s’exprimer et qui n’ont pas pu le faire à cause de votre refus de les consulter.
Vous oubliez aussi que vous avez en face de vous 8 conseillers municipaux qui représentent environ 57% des vençois, et que ces 8 conseillers municipaux considèrent que de nouvelles élections auraient été souhaitables.
Au-delà de ces chiffres, depuis un an, ce sont les Vençois dans leur ensemble auxquels vous ne donnez plus la parole alors que des événements graves l’auraient mérité.
Nous en prenons acte, Vence en prend acte.
Vous serez élu Maire de Vence sans jamais avoir connu la loi du suffrage universel sur votre propre nom, sans connaître la difficulté à être exposé en première ligne durant toute une campagne électorale.
Vous allez être élu Maire de Vence en utilisant le nom d’un autre candidat et d’une liste qui portait son nom et où vous figuriez en troisième position, à l’abri des coups de ses adversaires : la liste Iacono 2008.
Auriez-vous fait le même score si la liste s’était intitulée” Lebigre 2008” ? Permettez-moi d’en douter.
Vous nous avez répété être soutenus par la majorité des Vençois.
Si c’était le cas, vous affronteriez le suffrage universel dans la plus grande sérénité!
Mais en réalité vous savez bien que les Vençois ne vous remercient pas et n’apprécient pas les chemins que vous leur faites emprunter de force.
En réalité tout cela est éminemment politicien au sens le plus péjoratif du terme : « Ne prenons pas le risque de refaire une élection et de perdre une mairie UMP! ».
Même le sous-Préfet est venu à la rescousse. J’étais présent aux commémorations et abasourdi. Dès le lendemain il se justifiait publiquement en modifiant auprès de la presse le contenu réel des propos qu’il avait tenus : un comble dans notre République!
Bien sûr, la loi m’autorise à me présenter à cette élection à la fonction de Maire.
Evidemment, je ne le ferai pas.
Pourquoi me présenterais-je alors que je considère que c’est aux citoyens vençois d’aller aux urnes ?
Avant de conclure, j’ai une proposition à vous faire :
Organisez un référendum et demandez aux Vençois s’ils souhaitent OU ou NON de nouvelles élections municipales !
La situation exceptionnelle le mérite.
Ça aurait du panache, ce serait républicain !
Régulièrement un grand homme de l’histoire de notre pays en organisait pour s’assurer qu’il avait toujours le soutien du peuple.
A chaque fois il prévenait : “si je gagne, je reste. Si je perds, je m’en vais. Car quel homme serais-je si je prétendais me maintenir dérisoirement dans mes fonctions ?”
Pour moi, cet exemple est à méditer.
De notre côté, nous allons saisir le Conseil d’Etat de cette affaire qui ne relève que de lui.
Nous vous laissons maintenant entre amis poursuivre cette petite réunion de cooptation au poste de maire de Vence.

